Le PER a définitivement remplacé les anciens produits d’épargne retraite.

L’Etat a créé Le Plan d’Épargne Retraite (PER) en 2019 pour donner un nouveau souffle à l’épargne-retraite en l’assortissant d’atouts fiscaux non négligeables. Il avait la vocation de remplacer l’ensemble des produits préexistants (PERP, Madelin, article 83…). C’est chose faite puisque depuis le 1er octobre 2020, ces placements ne sont plus commercialisés même si vous pouvez continuer à y verser une partie de votre épargne. 

 

Par manque de simplicité et de souplesse, les produits d’épargne-retraite traditionnels (PERP, Madelin, article 83…) n’avaient pas su séduire les épargnants français qui s’étaient tournés vers l’assurance vie ou l’immobilier pour préparer leurs vieux jours. L’Etat a donc créé un seul et unique produit d’épargne retraite : le Plan d’Épargne Retraite (PER). Depuis le 1er octobre 2019, tout le monde peut en ouvrir un et y faire des versements volontaires. L’État vous encourage d’ailleurs dans cette démarche en accordant une déduction fiscale des versements réalisés.

 

Un coup de pouce fiscal à la carte

L’intérêt du PER est fonction de votre niveau d’imposition. Plus celui-ci est élevé, plus le gain fiscal est important. Par exemple, en réalisant un versement de 5.000 euros sur votre PER en 2020, vous économiserez 1.500 euros d’impôt sur le revenu si votre Taux Marginal d’Imposition (TMI) est de 30 %. L’économie d’impôt atteindra 2.250 euros pour un TMI de 45 %, soit un effort d’épargne de 2.750 euros.

Votre gain fiscal dépendra aussi d’une autre variable : votre niveau d’imposition au moment de la retraite car les sommes placées pendant votre vie active seront imposées à la sortie, tout comme les gains éventuels du contrat (intérêts et plus-values). Au final, vous percevrez un réel avantage fiscal si votre Taux Marginal d’Imposition à la retraite est plus faible que durant votre vie active. Ce qui est le cas généralement. Ce coup de pouce vous permet donc d’alimenter votre contrat en vue de la retraite tout en optimisant votre fiscalité. A savoir que la déduction de vos versements est limitée à un certain plafond. Celui-ci dépend de vos revenus d’activité professionnelle, du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) mais aussi de votre régime social. Ainsi le plafond peut s’élever à 76.102 € de déduction en 2020 pour un Travailleur Non Salarié (TNS)

Dernière chose : les plafonds non utilisés des trois dernières années s’ajoutent au plafond de l’année en cours. A ce sujet, vous avez reçu dernièrement votre avis d’imposition sur le revenu. A la dernière page, vous trouverez un paragraphe « plafond épargne retraite » avec le montant non utilisé. Si vous souhaitez l’utiliser, il ne vous reste que deux petits mois pour en profiter et ainsi payer moins d’impôts sur vos revenus 2020.

 

Pour déduire davantage.

Selon votre situation familiale et maritale, il vous sera possible de profiter du plafond de déduction de vos proches. Les couples soumis à imposition commune peuvent ainsi mutualiser leurs plafonds. Autrement dit, si votre moitié n’a pas utilisé son disponible fiscal (ou pas entièrement), vous pouvez en profiter : le plafond de déduction disponible de votre conjoint (ou partenaire de PACS) viendra accroître votre disponible fiscal. Dans la même idée, vous pouvez ouvrir un PER pour vos enfants mineurs. Pour cela, il faut qu’ils soient rattachés à votre foyer fiscal. Pour chacun, le plafond de déduction est équivalent à 10 % du PASS de l’année précédente, soit 4.052 euros par enfant pour 2020. Vous faites donc coup double en optimisant vos impôts et en préparant l’avenir de vos enfants. Attention toutefois, ces derniers ne pourront retirer les sommes placées qu’au moment de l’acquisition de leur résidence principale, lors de la survenance d’un accident de la vie ou à l’occasion de leur départ à la retraite…

Maximiser la déduction de ses versements, c’est bien. Penser à limiter le poids fiscal à la sortie, c’est mieux. Le PER a amené une grande nouveauté : la possibilité de sortir intégralement en capital au moment de sa retraite mais cette sortie en capital a un coût. En effet, les versements qui ont donné lieu à une déduction fiscale sont imposés au moment de la sortie au barème de l’impôt sur le revenu (hors rachat pour cause d’accident de la vie en phase de constitution de l’épargne). Conséquence : si vous récupérez en une seule fois l’épargne accumulée sur votre PER, vous risquerez de voir grimper votre Taux Marginal d’Imposition… jusqu’à 45 % !

Votre sortie en capital doit donc idéalement se faire de manière échelonnée sur plusieurs années.

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