Faut-il conserver son Perp, l’alimenter ou le transférer sur un PER ? 

PERP et PER

Louise Rodier, directrice de la communication dans un grand groupe, 57 ans, a accepté qu’Audace Courtage publie la teneur de  son rendez-vous avec M. Motte au sujet de sa retraite. Elle avait souscrit un contrat de prévoyance par l’intermédiaire du cabinet et s’interrogeait sur l’opportunité de transférer ou non les avoirs de son Perp sur un nouveau contrat PER.

 

Madame Rodier : 

J’ai entendu parler du nouveau contrat d’épargne retraite depuis 2 ans et je me demande si je ne devrais pas faire basculer les capitaux de mon PERP vers ce nouveau contrat PER. Qu’en pensez-vous ?

Paul Motte :

Vous avez raison madame de vous poser la question. En effet, le contrat PER offre des avantages par rapport au PERP. Pour vous répondre, il me faut connaître certains éléments : la date à laquelle vous l’avez souscrit, le capital que vous y avez déposé, l’âge auquel vous souhaitez prendre votre retraite  et votre tranche d’imposition sur le revenu.

Madame Rodier : 

Je l’ai ouvert via ma banque, en 2009. J’y ai déposé environ 5000 € par an (certaines années plus, d’autres moins). Aujourd’hui je dispose d’environ 67 000 €. J’aimerais prendre ma retraite vers 65 ans. Ma tranche d’imposition s’élève à 30 %.

Paul Motte : 

C’est une jolie somme. Grâce à votre PERP, vous avez déjà « gagné » environ 15 000 € d’impôt sur le revenu par an en raison des avantages fiscaux liés à ce contrat. C’est déjà très bien. Avez-vous diversifié votre capital pour qu’il rapporte le maximum ?

L’intérêt de diversifier son placement

Madame Rodier : Que voulez-vous dire ?

Paul Motte : Placer son argent en unités de compte, en actions, en obligations, etc. est le meilleur moyen d’augmenter la plus-value de ses placements.  C’est d’ailleurs toujours ce que je conseille  à mes clients.

Madame Rodier : En effet, je vois que j’ai des Unités de Compte.

Paul Motte : très bien.  Vous avez donc un bon contrat PERP mais vous pouvez aller plus loin si vous avez besoin de liquidités dès votre retraite.

Madame Rodier : C’est à dire ?

Paul Motte : Si vous conservez votre PERP, une fois arrivée à l’âge de la retraite, vous ne pourrez « sortir » votre capital que sous la forme d’une rente ou alors seulement 20 % de vos économies en capital. En effet, ce capital  appartiendra à la compagnie d’assurance qui, avec les intérêts perçus pendant ces 19 années (environ 20 000 €) vous les reversera sous forme de rente.

Le PER en cas de décès

Madame Rodier: si je meure, mon conjoint pourra-t-il toucher ma rente ?

M. Motte : oui, si vous avez opté pour la réversion mais dans ce cas, le pourcentage de la rente sera inférieur,  ce qui est logique. Si vous ne l’avez pas fait, votre rente s’éteint à votre mort.

Madame Rodier : C’est quand même intéressant le PERP.

M. Motte : je ne dis pas le contraire mais ce n’est pas souple. Le PER apporte de la flexibilité. Les deux contrats proposent les mêmes avantages fiscaux mais dans le cas du PER, le taux de rente est fixé au moment de la souscription (il est donc toujours inférieur à celui au moment de votre départ en retraite car l’espérance de vie ne cesse d’augmenter). Autre intérêt : vous pourrez sortir la totalité de votre épargne retraite sous forme de capital : idéal pour déménager et changer de vie, aider les enfants ou les petits-enfants ou même en profiter pour voyager… Vous pouvez cependant choisir de sortir le capital en plusieurs fois : au début de votre retraite pour voyager et vers 85 ans pour financer l’aide à domicile ou la maison de retraite. Autre point : pendant ce temps, vous  continuez à piloter les placements de votre capital en mettant si possible vos « billes dans plusieurs paniers » si j’ose dire. Enfin, et je vous souhaite que la question se présente le plus tard possible, au moment de votre décès, non seulement votre conjoint mais aussi vos enfants et petits-enfants pourront profiter du capital restant dû (si vous l’avez stipulé expressément bien sûr).

Madame Rodier : Dernière question.  Si je décide de basculer mon PERP vers un PER, est-ce compliqué ?

Paul Motte : Pas du tout. C’est l’affaire d’une opération comptable. Attention cependant aux frais que certains intermédiaires prennent. Ce sera l’occasion de les mettre en concurrence. Sachez que vous pourrez aussi quitter votre banque pour souscrire un PER dans une compagnie d’assurance.

 

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *